« Le gouvernement espagnol est un gouvernement illégitime, qui cache ses scandales de corruption en tuant ses citoyens et en les trompant avec des lois comme celle sur l'euthanasie. Et en permettant que derrière les pratiques d'euthanasie se cache le risque grave d'un profit pour la transplantation d'organes ».
Aux côtés des parents de Noelia Castillo Ramos, la jeune femme de vingt-cinq ans paralysée et atteinte d'un trouble psychiatrique qui a demandé et obtenu l'euthanasie après une bataille légale qui enflamme l'Espagne en ces heures, se trouve l'association Avocats chrétiens.
Polonia Castellanos (dans la photo ci-dessous) est la présidente de l'association qui a soutenu le père et la mère de la jeune femme pour tenter de la sauver des griffes de la mort, survenue jeudi 26 mars à l'hôpital de Barcelone. La Nuova Bussola Quotidiana l'a interviewée.
Maître, Noelia est morte, que ressentez-vous face à cette tragédie ?
Une profonde douleur, nous avons cherché avec sa famille à la sauver dans une bataille légale qui a duré deux ans. Cela fait souffrir de penser qu'on aurait pu la sauver, mais nous éprouvons aussi une profonde peine parce que l'État l'a abandonnée. Et une peur car toutes les familles qui ont des malades mentaux peuvent se trouver dans la même situation. C'est terrible de penser qu'une personne atteinte d'infirmité mentale puisse subir ce traitement.

Sur quoi s'est basée votre bataille légale ?
Nous avons demandé qu'un traitement médical soit administré. Il faut savoir que par le passé l'État a imposé un traitement médical à un assassin et terroriste qui avait tué 25 personnes. C'est une honte que le gouvernement espagnol traite mieux un terroriste qu'une jeune femme de 25 ans qui souffrait d'un trouble mental.
Pourquoi le père de Noelia s'est-il adressé à vous, Avocats chrétiens ?
Le père nous a cherchés parce que récemment nous avons suivi d'autres cas d'euthanasie, qui se sont résolus positivement. Des cas de personnes atteintes de dépression, qui avaient obtenu d'accéder au programme d'euthanasie, mais nous avons réussi à les arrêter et finalement ils se sont convaincus de vivre en faveur d'un traitement médical. Malheureusement avec Noelia, nous n'y avons pas réussi.
Que vous a demandé le père ?
Le père voulait que nous l'aidions à sauver sa fille. Parce qu'il comprenait, comme nous le comprenons tous, qu'une jeune femme avec une infirmité mentale de 74 % ne pouvait pas décider d'une chose si importante que sa vie.
Avez-vous eu l'occasion de parler avec Noelia pendant ces mois ?
Nous, le dernier mois, avons surtout parlé avec la famille, le père, la mère et la sœur, qui étaient tous contre son euthanasie.
Est-il vrai que dans les derniers jours Noelia se serait convaincue de renoncer à l'euthanasie, mais que l'hôpital l'en aurait dissuadée pour la convaincre de mourir ?
C'est un détail que la mère nous a rapporté, c'est-à-dire que quand nous avons engagé les mesures conservatoires à l'hôpital, on lui a dit que désormais tous les organes étaient engagés.
Engagés pour quoi ?
Pour la transplantation. Mais au-delà de cette information, je tiens à dire une chose.
Quoi ?

Nous avons insisté pour dénoncer le conflit d'intérêts de personnes qui décident de l'euthanasie et qui en même temps traitent les transplantations et en tirent profit.
Pouvez-vous nous l'expliquer mieux ?
Nous avons découvert que des personnes directement intéressées à décider de l'euthanasie font en même temps partie de la commission de la transplantation d'organes. Nous considérons que c'est un conflit d'intérêts et que si vous faites partie d'une commission qui décide de l'euthanasie, vous ne pouvez pas vous occuper de transplantations.
La mère a aussi dit que de nombreuses personnes se sont proposées pour aider Noelia à vivre, il y a eu une grande chaîne de solidarité. Seul l'État a été sourd à ces demandes. Pourquoi ?
C'est surprenant la générosité de nombreux citoyens du monde entier, qui ont essayé d'aider Noelia en l'encourageant, en priant pour elle et en lui proposant de l'aider financièrement ; on lui a offert de l'argent pour l'aider à payer le loyer de l'appartement à avoir une voiture. Mais l'État sous l'autorité duquel était Noelia a préféré la tuer parce que c'était plus avantageux économiquement.
Le cas de Noelia a suscité une forte polarisation dans l'opinion publique espagnole au point que diverses personnes initialement favorables à l'euthanasie ont changé d'avis…
C'est exactement cela. Ils ont compris que l'euthanasie est une tromperie. Quand en 2021 l'euthanasie a été introduite par la loi en Espagne, le gouvernement Sanchez a dit que c'était une loi très protectrice. On nous a dit que c'était pour des cas très extrêmes, mais c'est avec le cas de Noelia que les citoyens ont vu qu'on les trompait, que l'euthanasie est pensée pour les personnes les plus sans défense et les plus faibles.
Pourquoi ?
Le cas de Noelia n'entrait dans aucun des cas prévus par la loi parce que nous sommes face à une personne atteinte d'une infirmité mentale qui avait toute la vie devant elle, parce qu'elle n'avait pas de souffrances dégénératives. Donc c'est hors la loi : elle a été tuée. Et la loi est une tromperie.
Quel avis avez-vous des politiques du Gouvernement sur l'euthanasie après cette tragédie ?
Les politiques euthanasiques du gouvernement espagnol sont les politiques d'un gouvernement terriblement corrompu, qui préfère faire des économies sur les citoyens pour continuer à financer la prostitution, continuer à verser de l'argent à ses proches et payer des voyages de luxe à ses ministres. Il me semble que c'est un gouvernement illégitime qui abandonne ses citoyens pour utiliser l'argent en le destinant à ses scandales de corruption.
Et l'Église ? Quel rôle a-t-elle joué dans cette affaire ?
La Conférence Épiscopale Espagnole a effectivement émis un communiqué pour tenter d'inviter à trouver une autre voie que l'euthanasie.
À la lumière de la très forte réaction émotionnelle des gens, que peut-on faire maintenant concrètement ?
En Espagne, nous commençons à nous mobiliser et ce que nous devons faire avec cette loi meurtrière, cette loi criminelle, c'est l'abroger et assurer que à chaque personne qui demande l'euthanasie, d'abord un traitement lui soit donné. Dans un siècle comme le nôtre qui est tellement avancé en médecine, nous ne pouvons pas permettre de supprimer la vie d'une personne quand il existe des cures. Et on peut la sauver.
Votre lutte est sans relâche. Aujourd'hui (hier ndr.) vous avez comparu au tribunal à Madrid pour défendre les prêtres. Y a-t-il un risque de persécution des catholiques en Espagne ?
Oui, aujourd'hui nous avons eu un jugement contre un politicien d'extrême gauche (Pablo Echenique Robba, ancien député de Podemos ndr.) qui a attaqué sur X les prêtres en disant que tous les prêtres sont des pédophiles et qu'ils devraient être déportés. C'est ce auquel nous sommes maintenant habitués parce qu'avec ce gouvernement nous avons vu comment il tue ses citoyens. Attaquer les catholiques est une occasion de détourner l'attention des scandales de corruption. Il est évident que les catholiques en Espagne sont très persécutés.