Il est impossible de ne pas le remarquer : les réseaux sociaux sont inondés de photos de prêtres qui dansent et de prélats qui cabriolent — une véritable troupe de choristes en soutane qui descendent la nef en se déhanchant, sautant comme des adolescents réprimés. On s’attend à les voir se mettre à chanter et à se pavaner sur l’air de Cabaret :

♬ « Venez au cabaret, chaussez vos souliers de danse,

Venez goûter le vin, venez écouter l’orchestre,

À quoi bon laisser quelque prophète de malheur vous ôter tout sourire ?

La vie est un cabaret, mon vieux. » ♬

Bienvenue sur la piste de danse synodale. La satire s’écrit presque toute seule. Les prélats synodaux ont même mis au point leur propre chorégraphie ecclésiastique. L’accompagnement, c’est avancer tous au même rythme ; l’inclusion, c’est veiller à ce que personne ne soit laissé en dehors de la piste. Peu importe que l’Église soit en flammes. Tout le monde doit être accueilli dans le pogo, accompagné dans les pas et encouragé à continuer de danser sans sentir la fumée.

Le Vatican synodal de François et de Léon a remplacé « Abba, Père » (Mc 14, 36) par « Dancing Queen » d’ABBA, tandis qu’il exécute des claquettes au bord du gouffre. D’où vient cette soudaine fascination pour les raves dans les nefs ? Dans la nouvelle Église synodale des reines de la danse, il faut fuir le sacré et le sacrifice se trouve éclipsé par le spectacle.

C’est la dernière mode : prélats et prêtres enflamment la piste, se lancent dans le « Synodal Shuffle » et font des claquettes en direction du vide ecclésial, tandis que l’Église part en vrille spirituellement. Le sanctuaire devient une scène, les prélats deviennent des artistes et la vie liturgique de l’Église, une production. (Pas sans rappeler les funérailles blasphématoires de Cecilia Gentili, personne transgenre, à la cathédrale Saint-Patrick de New York.)

Assez de tergiversations.

Cinq alarmes devraient retentir. L’Église est en flammes pendant que les prélats peaufinent leur jeu de jambes. Les âmes sont en péril, les fidèles sont perplexes, et les pasteurs semblent avoir découvert leur John Travolta intérieur tout en oubliant leur héritage apostolique. La tragédie ne tient pas seulement à leur frivole légèreté, qui retourne l’estomac. Elle tient aussi à leur incapacité apparente à reconnaître la gravité du moment. Alors que l’Église a désespérément besoin de pasteurs fidèles et sérieux, elle est accablée par des bateleurs égocentriques qui prêchent non pas le salut, mais le tempo de la danse. Quand l’Église a besoin de repentance, elle reçoit de l’art performatif ; quand elle a besoin d’une brigade de pompiers, elle reçoit une troupe de danse.

Les bateleurs synodaux ont même inventé une THÉOLOGIE autour de leur nouvelle doctrine en deux temps — de quoi les faire danser autour de la Vérité tandis que l’Église fait des claquettes jusqu’à l’abîme spirituel, en multipliant les chutes grotesques.

Qui d’autre que le cardinal Blaise Cupich — le faiseur de pape — pour initier les catholiques à cette doctrine sublime : « La synodalité, c’est l’Église qui apprend à danser ».

La théologie synodale de la danse selon Cupich

L’Église synodale dansante vous est présentée par l’éminent spécialiste des religions, le cardinal Blaise Cupich. Pour décrypter le nom sibyllin d’« Église synodale », Cupich, de Chicago, convoque des images évocatrices et des souvenirs d’enfance afin de saisir l’essence de l’Église synodale de Léon, qui se balance au rythme de la musique. Que la musique commence ! Rassemblez-vous autour du grand chapiteau synodal de l’inclusion, déployez le drapeau arc-en-ciel, levez les talons et montez le son.

Le service officiel d’information du Vatican a fièrement dévoilé et approuvé le dogme de la danse de Cupich, avec les profondes réflexions théologiques de Blaise sur les pas de côté synodaux, largement citées dans un article intitulé « Cardinal Cupich : la synodalité, c’est comme la danse » :

Le cardinal Cupich décrète la doctrine :

« Un jour, il m’est venu à l’esprit que mon expérience de la danse kolo et ses nombreux éléments pouvaient apporter beaucoup à la compréhension de la synodalité. Comme la danse, elle offre aussi un moyen de socialisation, mais dans la vie de l’Église. La synodalité invite donc toute la communauté à assumer la responsabilité d’avancer à l’unisson, attentive à l’Esprit Saint et les uns aux autres.

La danse comme la synodalité exigent de passer de la performance individuelle à l’harmonie collective, transformant un groupe d’individus distincts en un seul corps en mouvement. » (Note de la rédaction : comme une chenille ?)

Préparez-vous à davantage de profondeur cupichienne : il pose l’ultime question théologique qui se présente à l’humanité :

« En quoi le rythme de la danse reflète-t-il l’esprit de la synodalité ? »

Impressionnés ? L’Église synodale a troqué la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin contre sa propre Somme chorégraphique. Aquin nous a donné la Somme ; l’Église synodale nous donne la samba. Préparez-vous tandis que Cupich développe encore sa réflexion sur le mouvement de l’esprit, pour illustrer l’essence du rythme synodal :

« En danse, le mouvement ne naît jamais du vide ; il naît de la musique. Avant de pouvoir faire un pas, les danseurs doivent cultiver un profond silence attentif afin d’intérioriser le rythme, le tempo et l’atmosphère de la pièce. »

Apparemment, avant de pouvoir proclamer l’Évangile, l’Église doit d’abord trouver le rythme. L’approche synodale de Cupich passe de « Tenez-vous tranquilles et sachez que je suis Dieu » à « Tenez-vous tranquilles et trouvez le rythme ». Les apôtres et les Pères de l’Église ont eu la sottise de proclamer l’Évangile sans suivre au préalable le cours obligatoire de chorégraphie ecclésiastique.

Attendez : la machine à danser du Collège des cardinaux n’a pas fini de s’exprimer :

Cupich fredonne :

« La synodalité fonctionne exactement sur la même fréquence. Son premier pas n’est pas de parler ni d’élaborer des politiques, mais d’écouter profondément — l’Esprit Saint, les Écritures, la tradition, et de s’écouter attentivement les uns les autres, en particulier ceux qui sont en marge. Tout comme un danseur qui ignore la musique se désolidarise de l’ensemble, les membres d’une communauté qui n’écoutent pas cessent d’agir de manière synodale. Être attentifs au rythme commun garantit que tous avancent sur la même mélodie. »

Les nouveaux commandements de la FRÉQUENCE ET DU RYTHME COMMUN dominent désormais l’enseignement. Qui savait que Blase Cupich était docteur en dogmatique de la danse ? Quelle académie pontificale a décerné ce diplôme si rare d’excellence universitaire ? Voilà qui marquera assurément une frontière dans la patristique de l’Église catholique : « Allez, dansez à votre guise. » De toute évidence, le Vatican de Léon est ébloui par les « dubia dansants » de Cupich — une exégèse véritablement historique et profonde du déhanchement et du balancement synodaux.

L’article poursuit avec davantage de théologie cupichienne :

« La danse fait aussi appel à la créativité et à l’adaptabilité. Les danseurs doivent composer avec la force de gravité en levant les pieds, s’ajuster au poids et à l’élan de leurs partenaires et s’adapter lorsqu’un faux pas se produit.

La synodalité exige d’être disposé à entrer sur la piste sans résultat rigide et prédéterminé. Elle est, en fait, un voyage en territoire inconnu. Elle accueille la tension créatrice du dialogue, reconnaissant que l’Esprit Saint peut bouleverser nos routines soigneusement planifiées.

Lorsqu’une communauté rencontre une tension ou un désaccord, la synodalité lui demande non pas de quitter la scène, mais d’utiliser cette friction pour pivoter, s’adapter et trouver ensemble une nouvelle voie. Et de même que les danseurs doivent éviter de se marcher sur les pieds, transformer le dialogue synodal en dispute serait un faux pas. De même, une démarche synodale élargit la tente. Elle demande à la communauté de regarder qui manque sur la piste de danse et de l’inviter activement à la rejoindre. »

Imaginez les cris d’indignation des saints et des martyrs devant cette prétentieuse superficialité synodale, si ridicule !

Le cardinal Luis Tagle, nouveau doyen du Collège des cardinaux

Cupich est l’un des nombreux prélats qui aiment danser avec entrain. Voici la nomination la plus prestigieuse et la plus récente de Léon : le cardinal Luis Tagle, nouveau doyen du Collège des cardinaux. Lui aussi est connu pour enflammer la piste de danse. Tagle est désormais chargé, en tant que doyen du Collège des cardinaux, entre autres fonctions, de convoquer les cardinaux à Rome au nom du pape, notamment pour un conclave destiné à élire un nouveau pontife. Le cardinal Tagle est surtout connu pour ses talents de danseur et de chanteur, qu’il a souvent donnés en spectacle.

Tagle, le cardinal dansant

a man wearing glasses and a watch is smiling and clapping

Happy Clappy Tagle

Dancing cardinal 3

Tagle adore dancer.

Cardinal Dolan with Rockettes - 2016

Le cardinal Dolan dans la chorus kick line avec les NY Radio City Rockettes,

Jumping Bishop 1

L’Église catholique n’a pas besoin de prélats qui dansent dans les allées. Si c’est là la marque de fabrique de la « synodalité », alors plantez votre tente synodale, inclusive et arc-en-ciel à San Francisco, débarrassez-vous de votre calotte rouge, fuyez Rome et mettez le cap sur Broadway, messieurs. Lorsque la Maison de Dieu est en proie aux flammes, les bergers devraient donner l’alerte plutôt que de répéter des pas de danse. Qui reste-t-il pour éteindre l’incendie ? L’Église est livrée à un spectacle de frivolité apocalyptique alors que la situation exige la gravité propre aux chefs et aux hommes saints.

Au cœur de cette absurdité se trouve l’inversion grotesque des priorités, désormais imposée par un système synodal fabriqué et promu pour se substituer à la Sainte Église catholique romaine. La synodalité est laissée sans définition précise dans le but avoué de supplanter la structure, de saper l’enseignement immuable et de radicaliser les pratiques de l’Église catholique. Rien ne détourne davantage l’attention qu’un spectacle, et rien ne rend la doctrine plus facile à ignorer qu’une chorégraphie dans le sanctuaire.

Si tout le monde est le bienvenu sur la piste de danse, qui, alors, veille sur le troupeau ?